lundi 23 février 2009

V

Bonjour,

Cette fin de semaine était une fin de semaine calligraphie. Nous ne le savions pas en arrivant, mais c’était également une fin de semaine «entrelacs»… Et bé… Peuchère !


Première étape : choisir la lettre, en fonction du texte que nous voulons écrire… Bof, des entrelacs sur la première lettre des textes que j’ai apportés mettraient l’accent sur des mots utilitaires, pas très importants, ce serait dommage… Ecrire juste un mot dont l’initiale serait embellie d’entrelacs ? Pourquoi pas ? Mais quel mot ? C’est mal parti, les mots auxquels je pense ne se laissent pas apprivoiser… Bon… alors ce sera lettre toute seule. Mais quelle lettre ? Ca ne va donc jamais finir… A ? non ! S ? non ! V ? Ca ne fait pas un peu prétentieux de se faire une lettre à l’initiale de son prénom ? Fera ? Fera pas ? Fera parce que je pense tout à coup à un autre mot qui commence aussi par v… :)

Deuxième étape : analyser la construction de la lettre, oui oui juste la lettre pour commencer… Et là, c’est l’horreur qui commence… Ciel ! Des mathématiques ! Trouver des rapports dans les proportions ? Trouver des reports dans les dimensions ? Prolonger les tracés ? arghhhhh !!! Je ne connais pas le langage mathématique !!! Je suis notoirement aussi peu douée pour les maths que pour l'anglais.

Troisième étape : reporter sur le papier les tracés « repères » de la lettre, en les augmentant, bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle... et puis pas le double, hein ? Ce serait trop facile... Et là, si l’on considère que l’on vit dans un monde de technologie, un monde ou la photocopieuse agrandit du A4 au A0, un monde où il existe des ordinateurs, des imprimantes, des tables traçantes et tables « coupantes », un monde où les polices d’écritures s’enregistrent par milliers dans les mémoires de vos disques durs, un monde où la moindre petite machine est capable de réaliser des calculs complexes et des photos numériques (que les dames ici présentes ne s’illusionnent pas, ces machines doivent être pensées par des messieurs car aucune de ces petites merveilles de la technologie, aucune assurément, ne fait également la lessive ou le repassage, hormis la traditionnelle « machine à laver » et votre bras au bout duquel est greffé un fer à repasser bien sûr), on peut se dire que reporter le dessin d’une lettre au crayon gris et à la règle relève d’un comportement obsolète et archaïque. Bon ok, c’est reporté… Mais j’ai eu du mal…

Quatrième étape :
analyser la construction des entrelacs, repérer le fil qui se déroule et l’accompagner, tout le long du chemin, dessus, dessous, dessus… dessous… dessus… dessous… Trouver la « grille » de construction qu’il faudra reporter sur le papier afin de réaliser le tracé de la nouvelle lettre, trouver les « nœuds » de croisement du ou des fils… Arghhhhh Perdre le fil ! Recommencer, le retrouver, le perdre à nouveau, surtout ne pas perdre la tête en même temps que le fil… Revenir sur ses pas pour le chercher, le retrouver, continuer à avancer… et garder le fil, garder le cap…regarder à l’avant du fil… Respirer... Les entrelacs en apnée, ça finit assez mal… un peu oppressant comme situation… J’ai juste un peu oublié de respirer, va falloir améliorer ça… ne pas oublier de ne pas oublier de respirer… Mais j’ai fini par mener le fil à son terme, et tout bien considéré, dans des entrelacs, le terme est aussi le début, non ? Nonnnnnnn je ne recommence pas tout !

Cinquième étape : mettre en couleur… tracer le cerne sur la lettre et les entrelacs, choisir la nuance, ocre pour les couleurs chaudes, gris pâle pour les couleurs froides… Couleurs chaudes… Couleurs froides… ? Bleu ? Jaune ? pffffffff ! Bon allez, j’essaie les couleurs chaudes… Sans commentaire, hein ? Je vais voir si j’arrive à quelque chose… Donc je repasse le tracé du crayon gris légèrement estompé avec la gomme à l’encre ocre. Puis… choisir la couleur de la lettre… Jaune ? Orange ? Rouge ? Après des essais avec ces trois couleurs, j’ai choisi un superbe (à mon goût bien sûr, sinon je ne l'aurais pas choisi, voyons !) « rouge de chine » pour la lettre, son petit côté « rouge sombre » me plaît mieux. Je peins la lettre et pendant qu’elle sèche, je choisis les teintes des entrelacs…. Restent jaune et orange… Jaune ? Orange ? Les deux tiens, il y a deux entrelacs, le plus grand en jaune, pour donner un effet de lumière, le plus petit en orange… Mais c’est tout fin et moi je tremble ! Quand l’ensemble est peint, je laisse sécher…

Sixième étape : cerner les entrelacs, avec une couleur d’un petit ton légèrement plus soutenu que les entrelacs eux-mêmes… pour rehausser… puis cerner à nouveau la lettre, avec une couleur d’un petit ton également légèrement plus soutenu que la lettre elle-même… juste par-dessus le cerne ocre précédemment cité… Et pour une main qui tremble, la gageure est telle que les retouches s’avèrent nécessaires voire indispensables…

Septième étape : retoucher… et si possible sans trembloter s’il vous plaît… Et là, franchement, on se demande qui va accepter de croire qu’après avoir passé l’après midi à réaliser des entrelacs en tremblotant, je vais réussir à retoucher sans trembloter ? :)

Bon et bien, une dizaine d’heures plus tard, ça donne ce « V » entrelacé…

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